Le site web de PAN Studio et ses réseaux sociaux s’écoutent plus qu’ils ne se lisent. Rien de plus normal puisque PAN Studio est un studio d’enregistrement polyvalent. L'une de ses particularités : être niché au cœur d’un des 7 centres d’entreprises publics bruxellois, Pepibru, spécialisé dans l’accueil d’entreprises actives dans les secteurs de l’audiovisuel, de la communication ou de l’événementiel.
P pour Philippe (Ledent), compositeur et sound director ; A pour Arnaud (Blanpain), compositeur et sound director ; N pour Natacha (Manco), productrice audiovisuelle. Mais aussi PAN comme le dieu de la musique, comme le préfixe qui indique « tout », comme l’interjection enfantine, ou encore comme l’onomatopée qui matérialise un coup. Voilà résumée en quelques lettres l’essence du studio d’enregistrement fondé en 2021 par de vrais pros de la profession. Mais l’histoire de PAN est beaucoup plus longue et complexe qu’il n’y paraît. Elle plonge ses racines dans l’effervescence du monde de la pub dans la décennie 80-90 et dans les bouleversements du milieu depuis une dizaine d’années. De quoi expliquer sans doute l’élargissement constant de ses domaines de compétence.
Au cœur du monde de la pub
Dans les locaux de PAN Studio au cœur du centre d’entreprises Pepibru, à l’ombre de la cabine d’enregistrement tapissée de la ‘moumoute’ rose désormais bien connue dans le métier tant pour l’originalité de son look que pour sa qualité technique, Natacha Manco revient sans langue de bois sur l’histoire de l’entreprise et ses perspectives d’avenir.
« Philippe et moi avons toujours navigué dans le milieu de la publicité, lui en studio comme ingénieur du son et compositeur, et moi dans l’image avant que je le rejoigne en studio », détaille-t-elle. « Avec le temps, les agences de pub qui avaient l’habitude de recourir aux services de studios indépendants ont fusionné, se sont raréfiées et ont monté leurs propres structures en interne. » Au moment de ce retournement du marché publicitaire en Belgique, Natacha et Philippe frisaient la cinquantaine. « Qui allait nous engager ? À notre âge, personne ! » résume Natacha. « Les seules personnes susceptibles de nous faire confiance, c’était nous. Donc nous nous sommes engagés nous-mêmes. Nous aurions pu reprendre l’entreprise au sein de laquelle nous avions commencé à travailler ensemble. Nous y avons beaucoup réfléchi, mais les circonstances nous ont finalement poussés à opter pour un nouveau projet sous un nouveau nom, plus petit, plus modeste, plus à l’image de la nouvelle génération branchée réseaux sociaux et coworking. Nous avions conscience qu’il était impératif de nous renouveler, de penser autrement. Jusque-là, Arnaud travaillait seul et de manière moins ciblée : documentaires, publicité de temps en temps, cinéma à d’autres moments. C’est à ce moment qu’il a décidé de nous rejoindre. »
Les avantages d'être dans un centre d’entreprises comme Pepibru
Alors que l’épidémie de Covid paralyse l’économie, Natacha se lance dans la recherche de locaux adéquats pour PAN Studio et elle se tourne assez naturellement vers les nombreux espaces de coworking à Bruxelles. Elle tombe sous le charme de Pepibru qui cumule de nombreux avantages pratiques pour un prix abordable : « Ici, l’espace dont nous disposons est modulable en fonction de nos besoins et notre évolution » détaille-t-elle. « Il n’était pas question de bail commercial de 9 ans comme pour les locations traditionnelles. De plus, Pepibru est situé à proximité de la gare du Midi, ce qui permet de rejoindre facilement Paris en Eurostar, et se trouve à proximité de l'autoroute pour un accès aisé depuis la Flandre. Il dispose également d'un parking pour accueillir confortablement nos clients. Enfin, la luminosité des locaux avait de quoi séduire. Quand on travaille en studio, on est souvent en sous-sol, dans des caves, dans le noir. On se sent isolé et je ne voulais plus travailler ainsi.»
Le choix du cœur
Au-delà d’une offre de services commune à de nombreux espaces de coworking et centres d’entreprises, Pepibru avait un atout de taille à offrir à Natacha : « J’ai tout de suite apprécié la présence de nombreuses autres startups de l’audiovisuel », note-t-elle. « C’est un milieu où la convivialité n’est pas un vain mot, où tout le monde se comprend. Dès ma première visite des locaux, j’ai croisé des personnes que je connaissais et lors de notre installation, beaucoup d’entreprises du secteur nous ont remarqués, nous et notre cabine d’enregistrement tapissée de fausse fourrure rose, en passant dans le couloir. Nous avons bossé ensemble, fait de chouettes échanges, nous nous sommes entraidés sur certains projets et nous continuons même à collaborer avec des partenaires qui étaient chez Pepibru à notre arrivée et qui sont partis ailleurs depuis. »
Autre avantage que Natacha apprécie dans ce centre d’entreprises: le brassage des générations. « Ce niveau du bâtiment est dévolu aux startups. On y côtoie donc beaucoup de jeunes au fil de la journée ou à l’occasion d’events organisés sur place. L’idéal pour rester dans le coup ! »
Diversification
Car rester dans le coup, dans la tendance, la devancer même est la principale préoccupation de l’équipe de PAN Studio. « Il va falloir se renouveler beaucoup plus souvent qu’avant », constate Natacha. « Nous avons commencé à produire des podcasts il y a seulement deux ou trois ans, et il s’avère que nous sommes vraiment bons, que nous nous sommes déjà forgé une réputation flatteuse dans ce domaine. Sans doute est-ce dû au fait que nous venons de la publicité, avec des jingles, des musique composées, un travail très léché en studio. En nous lançant dans le podcast, nous sommes passés du métier de producteur sonore à celui de compositeur, ingénieur du son, journaliste, réalisateur. C’est vraiment intéressant, très varié et nous sommes encore surpris par certains projets. Il fallait surfer sur la vague du podcast et nous l’avons fait. Je pense qu’il va falloir rajouter une nouvelle performance, une nouvelle corde à notre arc. Nous venons de commencer la production d’audiolivres, un créneau en pleine explosion. J’ai l’impression que le podcast a amené une certaine clientèle aux audiolivres et vice-versa. Mais si tout ce que nous sommes en train d’apprendre devient obsolète, nous apprendrons autre chose, notamment l’IA. »
Parmi les autres enseignements de cette période de rodage, l’attitude vis-à-vis des prospects : « Il a fallu la modifier car la difficulté, lorsqu’on passe du salariat à l’entrepreneuriat est de ne pas avoir l’impression de demander l’aumône lorsqu’on démarche la clientèle », constate Natacha. « Lorsqu’on est indépendant, on ne postule pas. On propose un service. On ne demande pas un travail, on propose de l’aide. Ce n’est pas la même chose. C’est vraiment une autre démarche. »
Plus tard
Aujourd’hui, PAN Studio ne permet pas à ses trois créateurs de vivre entièrement de son activité. Pourtant, les trois profils sont nécessaires pour garantir à la clientèle le service attendu. Natacha se veut lucide et modérément optimiste à propos du futur de l’entreprise. Mais certaines pistes n’ont peut-être pas encore été suffisamment exploitées jusqu’ici comme le marché français ou les aides à l’entrepreneuriat disponibles à Bruxelles. L’histoire n’est en tout cas pas finie.
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Brucenter.brussels – le réseau des centres d’entreprises publics à Bruxelles PAN Studio est hébergé chez Pepibru, un des 7 centres d’entreprises publics réunis au sein du réseau brucenter.brussels. Ceux-ci ont pour objectif de soutenir les jeunes entreprises dans la structuration et le développement de leur projet. Ils mettent à disposition divers types d’espaces – bureaux privatifs ou partagés, espaces de co-working, ateliers de production – pour un prix forfaitaire attractif et facilitent la vie des entreprises au travers de divers services afin qu’elles puissent se concentrer pleinement sur leur projet entrepreneurial. Être hébergé·e dans un centre d’entreprises public, c’est également bénéficier d’un accompagnement individualisé d’un guichet d’économie locale (GEL) pour aider les entreprises à assurer leur pérennité (par la recherche de subsides et financements par exemple). Enfin, les centres d’entreprises publics sont des espaces de partage, où les chemins des entrepreneur·euses se croisent et où des synergies se créent. Ce sont des lieux propices pour tester de nouvelles idées et de nouveaux modèles d’entreprises. Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur les centres d’entreprises publics sur le site brucenter.brussels. |